Magnesium hivernal

N’ayant plus de vêtement digne de ce nom pour affronter l’hiver, j’avais le choix entre acheter un manteau ou m’en faire un – ou empiler des couches de gilets. Je me suis assez vite décidée pour le patron d’Ivanne S. Ayant déjà cousu un de ses patrons, je sais qu’elle ne lésine pas sur les détails et explications, ce qui me rassurait puisque je n’avais jamais cousu de manteau. De plus, le côté versatile du patron était pour moi un gros plus, je me suis dit dès le départ qu’il pourrait aussi me servir pour des vestes plus légères. Enfin, la simplicité de la coupe sur la première version me convenait bien pour deux raisons : ne pas me compliquer la tâche outre mesure et mettre en valeur un tissu à carreaux assez “fort”.

La question de doubler le manteau ne s’est posée qu’en terme de choix de tissu puisque le patron est entièrement doublé. Par contre, puisque je voulais une version bien chaude, je me suis demandé si je devais le tripler et me compliquer un peu plus la tâche ou utiliser une doublure plus chaude. J’ai finalement choisi la triplure pour le corps – les manches sont simplement doublées pour me permettre, même si je vous accorde que cette exigence peut sembler accessoire, de bouger les bras. Ce choix a simplement été dicté par le fait que je ne trouvais pas de doublure chaude qui me plaisait…

Bizarrement, au moment de réaliser le manteau, j’ai eu un petit blocage. Et si je n’y arrivais pas ? Je n’ai jamais cousu de tissu aussi cher et je n’avais donc pas vraiment le droit à l’erreur. Je me suis posé la question de faire une toile pour me rassurer, mais je n’avais rien d’équivalent sous la main. En fait, et c’est très bête, j’ai compris que ce qui me faisait peur, c’étaient toutes ces explications détaillées d’Ivanne S qui, prises dans leur ensemble, peuvent vite submerger. Grâce à Mister Nomé, j’ai réussi à me recentrer et à décomposer les étapes. Et une fois ce gros manteau divisé en petites étapes, j’ai réalisé que j’avais déjà tout fait au moins une fois !

Compte tenu de la coupe et du fait que c’est un manteau, je savais qu’un petit décalage de pince poitrine, par exemple ne serait pas un problème pour moi, j’ai donc finalement décidé de ne pas faire de toile. Par contre, Mister Nomé et moi m’avons soigneusement mesurée en long en large et en travers afin d’anticiper les ajustements de stature. J’ai donc d’office retiré 6cm à la longueur du manteau et autant aux manches.

Ah, mais parlons quand même du choix de version et de taille ! Par souci de ne pas trop me compliquer la vie d’une part et parce que la jolie version avec le pli central n’aurait pas rendu grand chose avec mon gros tissu épais qui fait sa vie, n’adore pas le repassage et ne marque absolument pas les plis, j’ai choisi la version A. Je suis partie d’une longueur “medium” à laquelle j’ai donc retiré 6 cm et la longueur finale me convient bien. J’ai choisi l’option double boutonnage car pour ce genre de manteau je trouve ça plus joli. J’ai dès le départ prévu de faire un col et des poches dans les coutures, mais par contre j’ai décidé de l’ajout de la martingale dans le dos en cours de route. Niveau taille, j’ai coupé un 38 mais ai ajusté la largeur des côté au 40 pour faire passer la triplure et garder de l’aisance.

J’ai bien évidemment commencé par mes raccords de carreaux. Mise à part une petite erreur repérée avant le début de la couture : pour mon raccord de devant j’avais fait correspondre les bords et pas le repère de milieu de manteau, il a donc fallu recouper la pièce, je m’en suis bien sortie. il est évidemment impossible de faire correspondre exactement les carreaux dans la largeur, je me suis donc contentée d’un joli raccord devant et pour le reste de faire suivre les lignes rouges. J’ai même réussi cela sur les manches, ce qui fait que les bras le long du corps, les lignes rouges correspondent aussi. Pas de raccord aux épaules mais cela ne me dérange pas. En voyant les photos, je m’aperçois que j’ai un léger décalage en haut du manteau, je pense que c’est lié à l’emplacement des boutons, il va donc falloir que je me pose et que je rectifie ça.

J’ai dû changer mes habitudes pour marquer mes repères car rien de ce que j’avais à disposition – feutre, craie tailleur… – ne laissait de marque sur mon lainage. Donc j’ai fait de petites entailles aux ciseaux dans les marges de couture. Même comme cela, j’avais parfois du mal à les retrouver car le tissage n’est pas régulier. A part ça, le tissu se coud bien mais j’ai eu du mal à marquer les plis car j’ai dû le repasser à travers un linge avec un fer pas trop chaud…

En cours de couture et selon ce que je savais déjà faire, j’ai opté pour les “finitions +” suggérées par le patron ou me suis contentée des finitions classiques. J’ai choisi de poser des épaulettes et cigarettes de manches, j’ai surpiqué la martingale et le col mais pas tout le tour du manteau, par exemple.

Pour la doublure/triplure, j’ai assemblé les pièces de doublure et de ouatine ensemble puis ai suivi les instructions de montage comme elles étaient indiquées. Du fait de cette surépaisseur, je ne me suis une fois de plus pas trop souciée de bien marquer mes plis car c’était mission impossible.

J’ai comme à mon habitude choisi mes boutons chez Coccifil. Je voulais de jolis boutons mais qui sauraient se faire discrets sur un manteau déjà assez chargé, et dans un budget raisonnable puisqu’il m’en fallait 14. J’ai donc opté pour ces boutons métalliques qui remplissent très bien cette fonction.

Au final le manteau me va, la longueur est celle que je voulais, plus long qu’une veste mais assez court pour ne pas trop me tasser. Je suis très contente du résultat même s’il y a des imperfections au niveau de l’ourlet, à l’intérieur, qui n’est pas égal partout. Je pense qu’au départ je n’ai pas dû couper le bas du manteau très droit et j’ai préféré rattraper cette bêtise pour que le manteau soit, au final, de la même longueur partout plutôt que d’harmoniser mes valeurs d’ourlet.

Je trouve que c’est un très bon patron pour un premier manteau. Je ne le recommanderais pas aux grandes débutantes car c’est un très gros projet mais en décomposant le projet étape par étape, en prenant son temps, c’est tout à fait surmontable avec de bonnes bases en couture, grâce aux explications de la créatrice qui transforme son patron en vrai cours de couture. J’ai déjà lu ici et là que c’était parfois un reproche que l’on faisait aux patrons d’Ivanne S et j’avoue ne pas bien comprendre pourquoi. Pour ma part, j’estime qu’il vaut mieux en avoir trop que pas assez, on sent que la créatrice a fait un travail titanesque tant sur son patron que pour nous accompagner dans sa couture et c’est très bien comme ça. Les détails m’ont rassurée et servi pour les étapes que je ne maîtrisais pas. Et pour ce que je savais déjà faire, j’ai simplement lu en diagonale, ça ne m’a pas du tout dérangée.

patron : Magnesium femme de Ivanne S, version A, double boutonnage, longueur medium
tissus : principal : lainage tissus.net, doublure satin et ouatine de chez Craftine,  boutons Coccifil.
taille : 38 largeur 40 pour garder l’aisance avec triplure
modifications : – 6cm en hauteur et aux manches.

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