Centaurée, la petite robe d’été

Vous vous doutez bien, au vu des différents patrons que je peux coudre, que je n’avais pas loupé la robe Centaurée chez Deer and Doe. Pourtant, elle ne m’attirait pas plus que ça au premier abord. Je lui préférais largement la superbe Belladone, que j’ai d’ailleurs prévu de coudre mais j’ai d’autres choses sur le feu avant ça. Pourtant, l’été approchant, j’ai recommencé à regarder Centaurée.

Les superbes versions de Louise et de Sandra sur le net m’ont montré que l’on pouvait en faire plus ou moins ce que l’on voulait, le patron se prête à beaucoup de choses et les découpes peuvent se faire discrètes comme se prêter à toutes les excentricités. Mais bon, ça en restait là. Comme je ne peux pas porter de robes au travail pour des questions d’ordre de chaussures de sécurité – toujours hyper sexy avec une robe – et/ou de grimpage à l’échelle, je ne n’en mets que peu. Il y a peu, j’ai réalisé que je n’avais qu’une robe vraiment été, achetée lorsque j’avais 15 ou 16 ans – j’ai le double – lors d’une promenade shopping avec ma cousine. Le côté rassurant, c’est que je rentre encore dedans ! Bon ce n’est pas non plus une coupe ajustée et les bretelles sont réglables, mais ça reste satisfaisant. Sinon j’ai deux robes chemises qui peuvent aller en été et que je porte relativement souvent, et le reste est un peu plus habillé et/ou un peu petit en ce moment.

En mai, j’ai récupéré chez Mamie un petit lot de coupons de tissus dont un imprimé type liberty blanc sur rouge. Sur le coup, j’aimais bien le tissu – sinon je ne l’aurais pas embarqué – mais je n’avais aucune idée de ce que j’allais pouvoir faire avec. Il y avait un bon métrage, je n’ai pas mesuré mais je dirais 1m50 ou 1m60. Et puis, un peu comme d’habitude, à un moment, j’ai eu un flash. Il me fallait une Centaurée dans ce tissu à petites fleurs. A partir de là tout s’est enchaîné, j’ai commandé le patron, en attendant de le recevoir je suis allée acheter les fournitures qui me manquaient : du biais rouge, du fil assorti et une fermeture éclair invisible. J’étais un peu déçue du manque de choix de fermetures invisibles dans le magasin où je me suis rendue. Alors oui, je sais, le concept de la fermeture invisible c’est qu’on ne la voit pas donc la couleur on s’en fiche mais j’en voulais une rouge pour que la tirette soit rouge. La seule qu’il y avait faisait 60cm de long, il m’en fallait 40, je l’ai prise en me disant que je pouvais toujours la recouper.

Le patron est arrivé et j’ai pu m’attaquer sérieusement à ma toile. Après mes aventures avec ma robe tablier, il n’était pas question de renouveler l’expérience, surtout que je n’étais pas certaine d’avoir beaucoup de marge pour caser toutes les pièces dans mon coupon. Donc j’ai fait une toile du corsage. J’en ai profité pour liquider des petites chutes de qualité similaire qui trainaient là et que j’avais gardée “au cas où” mais qui n’auraient objectivement pas pu servir à grand chose d’autre qu’à ça…

Au niveau du choix de la taille je suis partie sur un 38 à la poitrine qui s’élargit en 40 à la taille, le blog de Deer and Doe propose un tutoriel pour grader entre deux tailles. En effet, avec les nombreuses découpes, cela peut faire un peu peur mais au final la modification est très simple à faire, et ça serait dommage de s’en passer. Comme la jupe est froncée, la créatrice recommande, en cas d’écart entre la taille et le bassin de choisir la taille bassin et d’ajuster la largeur de taille avec les fronces. Comme dans cette marque j’ai deux tailles d’écart entre ces mesures, j’ai préféré couper ma jupe en 38 et non pas en 36 comme j’aurais dû car j’avais peur qu’après il n’y ait plus assez de tissu pour froncer. Par contre, pour le choix de la longueur, j’ai pris la ligne de la plus petite taille : 34, en me disant que ça ferait toujours ça de moins à enlever par la suite.

A l’essayage, le corsage m’allait bien, j’avais surtout peur au niveau de la profondeur de bonnet car les modèles sont prévus pour un bonnet C. Mais la créatrice ajoute que si on fait un bonnet B et que l’on a un dos assez large cela peut très bien marcher quand même et cela semblait être le cas pour moi. Je n’ai pas fait de toile pour la jupe et j’aurais peut-être dû, mais on en reparlera plus bas.

J’ai donc coupé mes pièces dans mon tissu. Vu le motif, et le fait que je comptais ajouter du passepoil sur le corsage, je ne me suis absolument pas souciée de faire des raccords. Concernant le passepoil j’ai là aussi suivi les conseils du sew along de Deer and Doe et j’ai donc mis un simple biais pour souligner les coutures sans ajouter de volume. J’ai choisi du rouge car je voulais que ce soit discret, vraiment juste un détail, et je suis très contente du résultat. Ca m’a demandé pas mal de patience et de “découture” car j’ai l’habitude de coudre les passepoils avec mon pied à fermeture éclair. Le pied bute contre la partie en volume du passepoil et ça assure une couture parfaite, bien droite et pile à l’endroit où on le souhaite. Ici, il m’a fallu essayer, mesurer, vérifier que le biais sortait exactement pareil partout. Au final je suis très contente du résultat.

La robe n’est normalement pas doublée et je voulais une jolie finition, j’ai donc choisi de doubler seulement le devant pour cacher toutes mes coutures. Je n’ai pas osé tenter les coutures anglaises avec le passepoil et je pense que j’ai bien fait car c’était assez compliqué comme ça, par contre j’essaierai peut-être pour la prochaine version – car il y en a déjà une deuxième de prévue.

Le reste s’est bien passé, les techniques utilisées n’étaient pas nouvelles pour moi et j’ai donc pu m’appliquer sereinement. Je n’ai toujours pas de pied presseur spécial fermeture invisible et j’ai donc fait comme la dernière fois : j’ai cousu une première fois avec le pied fermeture éclair normal puis une deuxième, tout doucement, en tournant manuellement les dents pour piquer au plus près. C’est plus long mais le résultat est bon aussi, j’ai juste un tout petit souci au niveau du raccord entre le corsage et la jupe, je pense que le surplus d’épaisseurs a contrarié ma machine. J’ai tenté de repiquer juste à cet endroit mais n’ai pas réussi à avoir mieux. Porté, ça ne se voit pas, donc ce n’est pas très grave.

Mister Nomé m’a aidée pour ajuster la longueur des bretelles puis est venue l’étape de l’ourlet. La longueur était presque bien, j’ai juste fait un ourlet double de 2 cm au lieu du mini ourlet recommandé. Si l’on veut chipoter, le passepoil a un peu rigidifié le corsage et du coup il ne tombe pas aussi bien que ma toile. Il est aussi peut-être un chouia trop long, je m’étais fait la remarque sur la toile mais n’ai pas modifié cela en faisant la version finale. Il aurait suffi que je triche un peu en cousant la jupe 1cm plus haute, pour qu’elle tombe parfaitement sur ma taille. Maintenant il faudrait tout démonter et je n’ai pas envie.

Ce n’est pas grave, la robe me plaît comme ça, elle est très confortable à porter et je me trouve jolie dedans. Un petit détail quand même, j’ai trouvé qu’en fin de journée les bretelles tombaient un peu, je ne sais pas si mon biais s’est légèrement étiré. Je verrai ce que cela donne après lavage et réduirai un peu leur longueur si besoin.

patron : robe centaurée de Deer and Doe
tissu : chez Mamie
taille : 38 – 40 – 38, longueur 34
modifications : – 2cm en longueur.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *