Airelle violine

Cela fait un moment que rien ne s’est passé par ici… Il y a bien un ou deux projets terminés cet été que Mister Nomé et moi n’avons jamais photographié, des chemises pour lui principalement, mais il ne les porte pas en ce moment. Et même pour celle à manches longues, faire poser ce petit être venu des pays chauds en chemise, dehors, par une température inférieure à 15°, c’est compliqué.Ajoutons à cela que j’ai beaucoup moins de temps pour coudre et tricoter qu’avant, et vous avez la raison de ce manque de régularité. J’ai décidé de ne pas me mettre la pression, je poste quand je poste et tant pis pour les délais. Cela ne change absolument rien quant à mon envie de continuer ce blog, simplement mes priorités sont actuellement autres et mes journées, comme celles de tout le monde, ne font que 24h – et encore parce que je dors…oui je sais, quelle idée !

Bref, voici ma troisième Airelle. La première, que je n’avais pas bien réussie, je ne la porte jamais et la deuxième, je la porte beaucoup. Au porté, j’ai d’ailleurs constaté, même si cela ne se voit pas sur les photos où je suis relativement immobile, que le vêtement nécessitait un petit ajustement de stature pour éviter d’avoir un surplus disgracieux de tissu qui remonte au-dessus des seins. En même temps, je suis petite, ça semble donc assez logique. J’en discutais l’autre jour avec ma cousine qui, bien que plus grande que moi, semble avoir ce même problème de hauteur de buste, et on se disait que c’était drôle à quel point sur des vêtements du commerce nous ne nous étions jamais souciées du problème – qui pourtant est bien là, tests à l’appui – et que maintenant que nous faisons nos vêtements, ça nous semble vraiment gênant ! Mais bon, quitte à faire du sur mesures, autant que ça tombe impec. Je commence donc à faire cet ajustement sur presque tous les vêtements que je couds, même si ça ne m’empêche pas de porter les autres.

Au niveau du tissu, j’ai flashé sur la toute première collection de Lise Tailor. Je ne suis visiblement pas la seule puisqu’elle a été dévalisée dès le premier jour et j’en suis plus que ravie pour elle. Je ne la connais pas personnellement mais suis ses aventures tricouturesques sur son blog et ses podcasts depuis un bon moment et c’est marrant comme on peut s’attacher… Bref, si vous ne la connaissez pas encore, filez-y donc! Son concept est de faire créér des motifs originaux et de les décliner sous différents formes : tissus, carnets, pin’s… Elle s’attache à ce que le maximum de la production soit fait en France et dans le respect de l’environnement, ce qui est un gros plus pour moi. Ce que j’ai beaucoup aimé dans ses tissus imprimés, c’est qu’il y avait de gros motifs sans que cela soit chargé. J’ai toujours l’impression, quand il y a de trop gros motifs que cela fait ben… Gros. Et du coup je trouve que ça me noie un peu dedans, quand ça ne me fait pas ressembler à un sac à patates. Là, non, les motifs sont gros mais délicats, espacés et je trouve cela vraiment superbe.

« euh, tu vas où, là ? »… En fait il voulait faire une oeuvre poussant à la réflexion philosophique sur la petitesse de la femme face à la nature.

En terme de qualité, rien à redire. Le crêpe de viscose est très beau, a un joli tombé et un poids que j’ai trouvé idéal. Il est facile à coudre pour peu que vous utilisiez les bonnes aiguilles  : des microfibres comme le conseille d’ailleurs Lise. Elle insiste dessus et elle a raison, j’en ai fait les frais. En cours de projet, mon aiguille a cassé et en la changeant, j’ai pris une aiguille microfibre mais plus grosse (j’utilisais une 70) et cela a tiré quelques fils sur ma couture. Au final, si l’on n’a pas le nez dessus cela ne se voit pas mais je vous confirme qu’il faut faire très attention à votre choix d’aiguilles : microfibres taille 60 ou 70 maximum !

Pour en revenir à mon ajustement de stature, il est assez simple à réaliser sur Airelle puisqu’il y a un empiècement. Il vous suffit de retirer 1cm en haut des pièces principales du bas devant et derrière. Ensuite, n’oubliez pas de retirer ce centimètre sur vos têtes de manches afin que cela corresponde à votre nouvelle taille d’emmanchure. Et puisqu’il y a un col, il faut aussi le retirer uniquement devant, à droite et à gauche, sur votre col et votre parementure. En parlant de col, je ne sais pas ce que j’ai bidouillé mais il n’est pas des plus réussis. Je suis parvenue à un niveau acceptable pour moi – je n’avais pas assez de tissu pour en refaire un et découdre ce tissu c’est assez fastidieux car il faut là aussi faire très attention à ne pas tirer un petit fil.

Tu le vois le quibrille qui brille pas trop juste parfait ?

Enfin, moi qui ne suis pas très « quibrille », j’avais envie de souligner les coutures par du passepoil rose cuivré. J’avais une couleur très précise en tête et j’ai eu de la chance puisque j’ai trouvé exactement ce que je voulais en magasin, et que la couleur correspondait parfaitement à celle d’un des motifs. J’en ai mis au niveau de l’empiècement dos et devant, puis au niveau du bracelet de manche, opération d’ailleurs un peu compliquée pour éviter les surépaisseurs – devinez quand j’ai cassé mon aiguille ! Au final j’ai trouvé l’astuce de retirer le cordon sur quelques millimètres aux extrémités pour pouvoir les superposer plus facilement.

Je suis très contente du résultat, je la trouve très jolie et je sens que je vais beaucoup la porter.

Je n’avais pas d’idée pour la traditionnelle pose bizarre, il m’a dit « fais le microbe flamboyant »… ou un truc du genre

patron : blouse airelle de Deer and Doe
tissu : crêpe de viscose violine de chez Lise Tailor
passepoil trouvé chez self tissus
taille : 38 – 40
modification : – 1 cm aux emmanchures